Carmen Maria Vega : un nom d’artiste qui claque bien et monte très vite à la tête. Ses chansons également donnent le tournis, toutes remplies de déclarations à l’emporte-pièce, de méchancetés jubilatoires, d’impudeurs virulentes et de tendresses ébréchées… Bref, elle attaque directement le cœur et la caboche, sans aucune somation, puis retourne les estomacs les mieux accrochés…
Cette Carmen est un des personnages féminins les plus forts qui soit apparu depuis belle lurette dans le paysage musical.
Entre chanson traditionnelle, fables punk, rock néo-réaliste et swing manouche, elle chante, joue, éructe, accroche le public comme si sa vie en dépendait, en état d’urgence permanent.
« Meilleur espoir féminin » de la scène yvelinoise, Cissé Yatéra affirme une identité musicale baladeuse : sa soul teintée de pop accueille à bras-ouverts les meilleures influences africaines ou antillaises, son chant velouté glisse volontiers vers du gospel, ses compositions favorisent les métissages. Des Francofolies de La Rochelle (avec Ayo et Bénabar) jusqu’à Narbonne (Prix Sacem / Trenet), de Bamako vers Paris, Cissé Yatéra se fait un nom.…
«Carmen réunit la gouaille d'Edith Piaf et d'Arletty avec l'énergie des Sex Pistols ». RFI
«une voix d'or et un jeu de scène hilarant......». Longueur d'Ondes
«petite bombe ironique et mélodieuse de la chanson française,....».Télérama
Chronique du disque sur TELERAMA
Sur scène, elle fait des étincelles et peut tout se permettre - y compris la vulgarité, qu'elle dégaine en souriant et avec malice, la rendant étonnamment digeste ou du moins acceptable. Sur disque, pas encore. A l'image d'une Anaïs première époque, Carmen Maria Vega ne retransmet pas en studio l'énergie fantaisiste et entraînante qu'elle déploie en public. Sans le charme, les mimiques, le charisme et la tchatche corrosive de cette jolie brune explosive, ses chansons semblent finalement fort minces, et plutôt vieillottes - façon alternatif des années 80 ou même réalisme d'avant guerre. A une ou deux exceptions près (Dessous les toits, Les Antidépresseurs), elles tombent à plat - sans doute, justement, parce qu'elles ont été conçues pour être livrées d'emblée en spectacle. Preuve en tout cas que le studio reste un territoire artistique à part entière, avec ses codes et ses exigences propres, pas si faciles à respecter. Dans le cas de la demoiselle, c'est d'autant plus rageant qu'elle dispose d'indéniables capacités vocales. Mais vu qu'elle est aussi dotée d'une très forte personnalité, nul doute qu'on en reparlera très vite.
Valérie Lehoux
Telerama n° 3119 - 24 octobre 2009