C’est une jeune compagnie qui s’empare d’une des pièces les plus étonnantes de Molière dans ses ambiguïtés, et elle la saisit à bras le corps, ne cherchant pas à « monter un classique » mais à parler, à travers un classique, de sa génération. Parler de la difficulté des choix auxquels elle est confrontée au moment où elle doit intégrer la société. Faut-il comme Alceste, être un idéaliste absolu et refuser tout compromis avec les us de la société, ou bien être réaliste, et savoir transiger comme Philinte ?
Alceste lui-même n’est pas aussi dénué d’ambivalence qu’il le proclame, puisque la femme dont il est amoureux est aux antipodes de ce qu’il prône, suprême coquette et sublime mondaine…
Dimitri Klockenbring ne se refuse aucun clin d’œil aux années 2000, basculant même parfois dans le surréalisme. Mais il réussit, par un tour de force singulier, à nous donner l’essence de la pièce de Molière, malgré les libertés qu’il prend avec elle, et il nous restitue aussi bien le drame intérieur d’Alceste, son échec à vivre dans le monde, que l’humiliation finale de la trop légère Célimène pourtant si habile à se jouer des gens.
Car le Misanthrope est une comédie qui finit mal…
Sans nul doute cette mise en scène permet-elle aux jeunes générations de rentrer de plain-pied dans une pièce complexe mais qui n’oublie jamais que le rire est le meilleur des médiateurs.
Lauréat du prix Théâtre13/Jeunes metteurs en scène.
Prix du public et prix du jury.
01.07.2010
« Le Misanthrope », de Molière
Un « Misanthrope » contemporain qui vise juste
En course pour le prix des jeunes metteurs en scène du Théâtre 13, Dimitri Klockenbring propose un « Misanthrope » convaincant, qui respire la jeunesse.
(...)
Le transfert de la pièce dans un contexte contemporain passe donc sans problème et l’interprétation par des comédiens jeunes se révèle un choix judicieux.
Céline Doukhan
Les Trois Coups