Après Le Misanthrope et Macbett, voici le troisième volet de notre «répertoire revisité».
Il ne s’agit pas ici de tirer l'œuvre vers le contemporain, mais, en s’attaquant à une pièce dont certaines scènes sont devenues comme des « morceaux d'anthologie de la farce », de faire preuve d’imagination, de finesse et
d’originalité, pour malgré tout surprendre et
renouveler le regard et l’écoute.
Le théâtre de Christophe Thiry est un théâtre très
physique, comme l’étaient les farces et la commedia dell'arte, dont les interprètes devaient savoir, pour exprimer la colère, faire un salto arrière ! Mais ici pas de masques, même si le jeu peut être truculent, excessif, acrobatique, on s’approche au plus près de la peau des personnages, on met sous la loupe de
l’outrance leurs défauts, leurs mesquineries, leurs
pusillanimités, et leurs cruautés… à commencer par
celles de Scapin qui emporte pourtant les faveurs du public…
Car on rit de ce qui devrait nous atterrer. Et
c’est là la force de Molière qui n’épargne rien ni
personne et que sait si bien nous restituer cette mise en scène, à bride abattue, avec une frénésie de jeu, une démesure, qui font oublier aux jeunes générations que Molière est un auteur « du programme » et soufflent un peu d’air frais sur les souvenirs des moins jeunes spectateurs.
Rencontre à l’issue de la représentation.